Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 00:36
Il est de ces films qui dépassent le cadre du cinéma pour offrir une expérience nouvelle, approchant sans aucun mal du spectacle total que visait Wagner à Bayreuth. Des films d'une ambition telle qu'on ne peut que s'incliner devant leur envergure, redéfinissant leur médium grâce à leur incroyable maîtrise de l'art et de la technique. Mais assez parlé de 2001 : L'odyssée de l'espace.

Le Baltringue est le deuxième film de Cyril Sebas, précédemment responsable de Gomez Vs. Tavares.

Et dans le rôle du Baltringue du titre on retrouve Vincent Lagaf'.

Et c'est une comédie d'action, genre qu'aucun réalisateur français ne devrait toucher avec une perche de 10 mètres.

Je sais, comme ça, vous avez l'impression que ce film sera une daube bien débile faite pour remplir les salles de crétins complètement lobotomisés par une campagne marketing à base de violent matraquage médiatique sur le thème des débuts au cinéma de Vincent Lagaf' et de comment tout le monde s'est super amusé à faire ce film à faire lol lol lol tellement ils sont détendus du slip et tout et tout. Mais voyez-vous, mes amis, il y a un hic : le film a fait 17 entrées sur Paris le jour de sa sortie, rappelant à la mémoire du cinéphile averti l'échec du désopilant Les Clés de Bagnole, que vous devriez voir si vous aimez rigoler. Avons-nous là affaire à un de ces films avec une star de la télé que tout le monde snobe alors qu'ils sont incroyablement géniaux ? Il fallait mener l'enquête.

Première explication au bide : Le film est diffusé dans UNE SEULE SALLE sur Paris. Le Publicis, en plein sur les Champs-Elysées, au pied de l'Arc De Triomphe, très classe mais un peu petite pour un blockbuster à la française.

Deuxième explication au bide : Le film est incroyablement mauvais. Surpris ? Moi non plus.

Mais j'écris j'écris et je me rend compte que j'ai oublié de vous faire le pitch du film : Sam (Philippe Cura, sosie en mode hyper-badass de Nicolas Robin de Nolife) est un agent secret hyper-bourrin qui est très doué pour casser la gueule des méchants Russes. Guy (Lagaf', sosie en mode un peu lourdingue d'une glaouie) est lui un animateur-producteur hyper-actif qui est très doué pour casser les couilles de tout le monde. Par le truchement d'un scénario complètement stupide, Sam et Guy partent à la poursuite d'un trafiquant d'armes pour lui casser sa gueule et voler son fric. Dit comme ça, ça a l'air d'un bête buddy movie carrément inoffensif comme on en a vu des miliers. Mais Le Baltringue, c'est plus que ça. Ou plutôt, ça veut être plus que ça mais le budget est hyper-serré du coup ça a l'air un peu con.

D'abord, l'action du film se déroule en Normandie. Et la Normandie, comme décor de film d'action, ça fait carrément tiep. Le casino dans lequel se déroule une bonne partie du film ressemble plus à une salle communale dans laquelle on a foutu des machines à sous, deux tables de Poker et une roulette. La cité dans laquelle vit la nièce de Sam et ses potes est une cité de Rouen. Qui représente grave le 7-6. Même la poursuite en voiturettes de golf, qui est pourtant un concept fort hilarant, est triste à voir.

Mais déplacer l'action du film dans une région incroyablement peu appropriée aurait pu ajouter un certain cachet au film. Cette petite touche d'exotisme qui rend le film spécial, un peu comme dans Bons Baisers de Bruges, ou la Belgique dans toute son ambiance déprimante rajoute au côté incroyablement désespéré du film. Mais hé les gars, on a que 4 millions d'euros du coup en plus de se serrer la ceinture au niveau des décors on va prendre que des acteurs super-cheap. Du coup, aucun acteur n'arrive à être crédible dans son rôle, du méchant Russe à qui on fait dire n'importe quoi du moment que ça sonne pas français pour cacher son incapacité à jouer correctement dans sa langue natale au chef des services secrets, tellement ridicule qu'on se demande encore comment il a pu arriver à ce poste. Même Lagaf' n'est pas crédible pour un sou dans son propre rôle de lui mais avec une perruque et qui fait du télé-achat.

Mais peut-être que ce ne sont pas les comédiens qu'il faut blâmer dans ce désastre. En effet, ils tentent tant bien que mal de jouer un scénario incroyablement naze, qui balance tout sur le mur et qui regarde ce qui colle. Guy qui doit trouver un nouveau concept d'émission à cause de son audience qui chute, la nièce de Sam qui cherche à percer dans la chanson, le gars de la té-ci qui essaie de s'en sortir avec des combines foireuses, tout ça est introduit puis rapidement caché sous le tapis, comme si les scénaristes avaient peur de faire un truc intéressant. Mais le film tombe également dans le péché inverse, à savoir d'introduite des résolutions à des intrigues qui n'existaient pas, parce que sinon ça ne serait pas drôle. Cette approche totalement décousue à l'écriture se retrouve également dans la réalisation, avec des plans qui n'ont absolument aucun sens toute les 5 minutes et en général une absence totale de rythme.

Et pourtant, dans un sens Le Baltringue est une réussite. Quintessence du nanar à la française qui tente de faire du nanar à l'américaine, il se déguste avec des amis tout aussi crétins sinon plus que vous, qui sauront rire de toutes les conneries du film, entre les répliques qui tuent, genre "Plus concentré que moi y'a que le lait", les gags lourdingues et les références appuyées à Nicolas Sarkozy qui rendront le film super daté quand en 2035 les gens voudront oublier la dictature de Mecha-Bayrou.

Le Baltringue est un fantastique navet, qui acquiert une dimension supplémentaire quand il est vu en salle. C'est une expérience. C'est beau et laid en même temps, c'est à la fois glorieux et minable et ça mérite d'être vécu au moins une fois dans sa vie.

Mais objectivement c'est quand même à chier.
Par Arez - Publié dans : Culture
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 02:23
Ca fait bientôt un an et demi que je suis l'heureux possesseur d'un iPhone, et donc à peu près un an et demi que j'aime à vous ennuyer régulièrement avec les découvertes vidéoludiques que je fais sur l'AppStore, véritable bénédiction pour l'aventurier du jeu vidéo que je suis. Et dieu sait que j'en ai, des histoires à vous raconter. De mes expérimentations dans le monde du hip-hop avec Beaterator et I Am T-Pain à mon addiction à Drop7, il y a là matériau à de la prose qui tabasse. Mais, mes petits amis, ce n'est pas d'un jeu dont je vais vous parler dans cette colonne. C'est d'une EXPERIENCE. Et cette expérience, c'est Tomena Sanner.

Pour vous convaincre de dépenser l'euro et cinquante-neuf centimes qui correspondent à son prix, je pourrais bien sur vous faire de longs paragraphes faisant l'inventaire des qualités du jeu, de sa patte visuelle extrêment soignée entre modèles 3D minimalistes à la Another World animés de fort belle manière, de ses musiques pas géniales mais très entêtantes, ou de son fort génial principe de jeu, où l'on incarne un salaryman pressé devant aller d'un point A à un point B en touchant l'écran avec le bon timing pour passer les obstacles, et étant prétexte à une cavalcade de gags tous plus idiots les uns que les autres, car oui le jeu est franchement hilarant. Oui, je pourrais vous parler de tout cela. Mais cela ne serait pas juste envers le jeu, qui mérite bien mieux.

C'est pour cela, Internet, que ma critique de Tomena Sanner, ce sera ça :

MONTE SUR UN TRICERATOPS
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DANSE AVEC DES ECOLIERES
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SOIS LE ROI DE LA JUNGLE
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T'ES UN CHAMPION

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Par Arez - Publié dans : Jeux Vidéo
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 04:05
Certaines personnes malveillantes tiennent encore à me rappeler que mon rythme de publication est loin d'être suffisant pour créer une audience fidèle qui viendrait à s'élargir avec le temps. Et ces gens ont tout à fait raison. Du coup, je vais faire usage d'une technique que nombre de bloggeurs utilisent fréquemment et publier n'importe quoi. Ce soir, une petite divagation, inspirée de deux interviews parues récemment sur Gamekult.
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 02:51
C'est non sans fierté mais définitivement sans talent que je vous présente le deuxième épisode de Ta Gueule Arez, mon podcast très irrégulier sur les jeux vidéo et leur actualité. Cette fois-ci, je fais comme tout le monde et je fais une liste des jeux qui ont marqué l'année 2009 dans une cérémonie de récompenses qui ferait pâlir de honte les Video Game Awards. Toujours avec un micro de merde, et toujours n'importe comment, parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne. (Ou perd, dans ce cas très précis.) Considérez ça comme un très très long article qui fait euh souvent et qui dit un peu de la merde, joyeux Noël, bonne année et toutes ces choses. On se revoit en 2010 si j'en ai la force.
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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 04:07
Next était mon émission de télé-réalité préférée. Un célibataire très très con à qui on donne des pouvoirs totalement arbitraires, 5 prétendants très très cons prêts à tout pour le séduire, et ce mécanisme pervers qui donne toute sa dimension dramatique à l'émission : A chaque seconde que le rendez-vous entre le célibataire et le prétendant dure, une cagnotte monte progressivement. Du coup, on a toujours au fond de nous un doute : Les sentiments affichés sont-ils ici réels, ou juste une façade faite pour gagner du temps, et donc de l'argent ? Ajoutez à ça des rendez-vous à base d'activités aussi improbables que lourdes de sous-entendus, et l'excellent potentiel comique du "Next", mot qui en une syllabe anéantit tous les rêves de gloire et de fortune du prétendant alors éconduit, et vous avec un délicieux cocktail de connerie à consommer sans modération aucune.

Ainsi donc la TNT avait son maître étalon. Une émission tellement conne qu'il paraissait impossible de la battre, grâce à une mécanique encore mieux huilée qu'une PAN chez Pizza Hut. C'etait sans compter sur l'imagination des concurrents de Virgin 17, qui redoublèrent alors d'imagination pour trouver un encore meilleur concept. C'est finalement NRJ12 qui a décroché la timbale, avec Total In Love, une émission comme Next, mais tellement plus encore.

Ici, point de règles stupides à base de cagnotte d'argent qui monte ou de célibataire se comportant comme un monarque absolu. Total In Love revient à une narrative extrèmement basique, mais qui à fait ses preuves : le triangle amoureux. Et c'est de cette simplicité que provient tout le génie de Total In Love. Trois célibataires, l'un d'entre eux étant du sexe opposé aux deux autres, un après-midi ensemble à faire des activités incroyablement tendancieuses, durant lesquelles il est très probable que les candidats soient amenés à retirer leurs vêtements -pas tout non plus, le programme est seulement déconseillé aux moins de 10 ans-, des têtes-à-têtes entre prétendant et objet de l'affection, et rien d'autre que cela.

"Mais tout cela n'a pas l'air très original ou intéressant", dira alors le lecteur surpris de l'enthousiasme de mes phrases précédentes. "Oui", répondrais-je. Car ce qui fait l'intérêt de Total In Love, ce n'est pas tellement son concept. Non. Total In Love mise sur ses célibataires, des candidats triés sur le volet et qui sont tous d'incroyables personnages. Les producteurs de l'émission l'ont d'ailleurs très bien compris, tant la façon dont les épisodes sont réalisés leur laissent la place pour exprimer au monde toute leur connerie. Ici, pas de voix off ou quelconque commentaire, les seul artifices que vous pourrez voir sont les quelques apartés ou les candidats s'expriment seuls face à la caméra, montrant bien toute l'étendue de leur caractère. Les personnages ont d'ailleurs une telle importance que ce sont eux qui dictent le rythme de l'émission et ce qu'il s'y passe, amenant ainsi à des situations fort cocasses comme lors de cet épisode ou les deux nanas qui étaient supposées séduire le jeune homme qui leur a été présenté ont finalement décidé de repartir ensemble après moultes galoches roulées devant la caméra, le brave monsieur s'étant avéré être un gros con de la pire espèce.

Oui, Total In Love est le nouveau maître étalon de la télé-réalité, tant l'émission est réussie. En offrant à la curiosité malsaine du téléspectateur des personnages de qualité et en les laissant s'exprimer par eux-mêmes, elle fait la démonstration de tout le potentiel comique de la télé-réalité. Comme quoi la télé c'est comme la cuisine : C'est souvent les choses les plus simples qui sont les meilleures.
Par Arez - Publié dans : Culture
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  • : Loisirs
  • : A tort où à raison, ils ont voulu le faire taire. Malheureusement pour eux, ils ont échoué. Pas foutu de rentrer dans le rang, il part maintenant en croisade contre le monde entier, sans doute plus par connerie qu'autre chose. Suivez-le dans sa guerre contre l'animation japonaise, les jeux vidéos et tout ce qui pourra passer à sa portée. Ce qui serait encore plus classe là, c'est que j'arrive à caser le titre du blog. Genre, "Voici son combat. Voici Arez, contre le reste du monde".
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